Comme tout le monde, je suis contrainte au confinement depuis plusieurs semaines. J’ai trois enfants, en primaire, au collège et au lycée, et je suis indépendante avec la possibilité de télétravailler alors je ne peux pas dire que je m’ennuie. Mais ce recentrage sur des déplacements essentiels et sur un univers d’ultra-proximité me donne l’occasion d’observer nos comportements en période de crise.

Et ce que je vois me rend triste…

Je vois des gens qui deviennent égoïstes et font des réserves énormes…

… peu importe ce qu’il restera pour les autres. À l’annonce du confinement, je n’ai pas voulu aller faire de courses pour la famille, d’abord parce que je n’en avais pas besoin et ensuite parce que je ne voulais pas voir les gens se ruer sur les pâtes comme si nous étions en guerre. Car, nous ne sommes pas en guerre quoiqu’en dise notre président. Mais au bout d’une semaine, le réfrigérateur étant vide, il a bien fallu y aller… et là je suis restée sans voix devant des rayons entiers totalement vides malgré un réapprovisionnement régulier d’après le gérant du magasin. Sans commentaire car je ne comprends pas qu’on puisse avoir ce type de comportement… Mais de quoi a-t-on peur ???

Je vois des gens qui ont peur de tout le monde…

… qui font un bon en arrière dès que je m’approche un peu trop prêt et pour qui l’autre est devenu un ennemi. Quel dommage que ce repli sur soi, alors qu’il me semble qu’il faudrait justement être davantage solidaire et s’inquiéter de son voisin au lieu de le fuir. Entendez-moi bien, je ne dis pas qu’il ne faut pas respecter les gestes barrières mais plutôt que le respect de ces derniers n’empêche pas de se préoccuper de l’autre. En cette période de confinement, au contraire, les autres, et notamment les plus faibles et les plus seuls, devraient être la priorité de chacun. Enfermés dans nos maisons, dans nos appartements, nous ne devrions pas oublier que la solidarité est ce qui nous permettra de sortir meilleurs de la crise. Et puis c’est si simple : demander si tout va bien, proposer d’aller faire des courses, aider des parents pour l’école à la maison, et juste faire un sourire quand on croise quelqu’un plutôt que de s’éloigner en baissant les yeux…

Je vois des gens qui dénoncent les autres pour de petites entorses au confinement 

Deux amoureux qui ne sont pas confinés ensemble mais se retrouvent pour une balade, des enfants d’une même famille qui jouent au foot dans un champ, des personnes âgées qui empruntent un chemin de randonnée pour aller aux champignons… Autant de situations qui ne rentrent pas strictement dans les clous du confinement. Mais ces gens, font-ils vraiment du mal à leurs voisins et à la société ? Est-ce vraiment indispensable de téléphoner à la gendarmerie pour les dénoncer ? De mon point de vue, non. Mais c’est encore et toujours la peur qui prend le dessus sur la solidarité et l’attention à l’autre. Hier, j’ai entendu une petite mamie dire « j’ai 89 ans, c’est peut-être mon dernier printemps alors je veux en profiter et tant pis pour le confinement et le coronavirus », et je la comprends. Alors s’il vous plaît, gardons notre civisme pour des situations qui le méritent vraiment (une femme battue, un enfant abusé, un salarié harcelé, …) et laissons les autres vivre leurs petites infractions au confinement en détournant le regard, laissons la petite mamie aller se promener tranquillement, même si elle dépasse 1 heure !

Je vois des gens qui jugent, qui critiquent, qui se renferment

Le confinement, s’il nous protège du covid-19, nous aura aussi fait beaucoup de mal. Chacun regarde exclusivement sa propre situation, centrés sur nos peurs nous oublions les autres. Et l’annonce du déconfinement exacerbe encore notre individualisme. Bien sûr c’est un risque mais le confinement a aussi engendré une détresse sociale et financière considérable qu’on ne peut pas évincer. Et aujourd’hui, il devient difficile de ne considérer que la dimension sanitaire. Alors oui, il faudra être prudents, changer nos modes de fonctionnement, nos habitudes mais soyons solidaires et pensons à ceux qui, en ce moment, pour la première fois de leur vie, vont aux Restos du Cœur parce qu’ils n’ont plus les moyens de nourrir leurs familles faute de revenus…

Et haut les cœurs, il y a aussi de belles initiatives et de belles choses issues de cette crise : « Et s’il y avait quelques bénéfices à la crise sanitaire du Covid-19 ?»

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Pour mieux comprendre la différence entre la crise sanitaire et une guerre !

Un sac de billes, livre écrit par Joseph Joffo, qui raconte sa propre histoire et Film réalisé par Christian Duguay et sorti en 2017

Après le discours d’Emmanuel Macron sur l’annonce du confinement, j’ai éprouvé le besoin d’expliquer à mes enfants que nous n’étions pas en guerre, la guerre ce n’est pas cela ! Pour l’occasion, nous avons regardé le film « Un sac de billes » et ils ont très bien saisi le fossé entre le confinement que nous vivons et la guerre ! Cette histoire est à la fois une belle histoire mais est également l’occasion de rappeler que l’être humain est capable du pire comme du meilleur. Regarder ce film en période de confinement a été pour ma famille l’occasion de nombreuses discussions sur la guerre, sur ce que nous vivons (qui n’est pas la guerre !!) et sur les comportements humains. Bref, un petit moment d’histoire et de philosophie très chouette.

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Je suis, comme vous, une citoyenne du monde, c'est à dire une citoyenne parmi tant d'autres ! Je ne prétends pas détenir la vérité ni avoir un avis universel. Je souhaite partager avec vous mes pensées révoltées, inspirantes et quotidiennes, pour échanger, comprendre, évoluer, s'inspirer, grandir et si possible contribuer à un monde plus beau !

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Je suis comme je suis, Je suis faite comme ça, Quand j'ai envie de rire, Oui je ris aux éclats... Un poème de Prévert magnifique pour rappeler que chaque femme a le droit d'être elle-même, indépendamment du regard des autres !
Je me revendique écolo et responsable. Je pense avoir conscience de l’enjeu qu’il y a à changer nos modes de vie et de consommation si nous voulons laisser une planète […]
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