Je revenais de vacances, des vacances avec tout un groupe d’amis avec qui je discute, je rie, je me dispute mais avec qui je partage les mêmes idées, les mêmes « valeurs » et la même vie facile. Je reviens de vacances donc, et en sortant du bateau, dans le port de Marseille, je découvre, amarré sur le quai d’en face, l’Aquarius !

L’Aquarius, ce bateau qui sauve des vies perdues en mer. Je reçois cette image comme une grande claque dans la figure, l’indécence de mon insouciance face à ces enfants, ces femmes et ces hommes qui fuient pour survivre. Je reviens de vacances, pleine de soleil et de rires, avec mes belles idées et mes beaux discours qui ne sont que des mots et s’envolent sans jamais aider ceux qui en ont vraiment besoin.

Je vis dans un monde préservé, bien à l’abri dans mon confort, avec la bonne conscience de mes idées écolos et humanistes que je partage avec mon entourage. En réalité, ce ne sont que des idées. Elles sont belles à exprimer, elles me font du bien mais elles ne changent rien à la misère et au désespoir des migrants. Comme tout le monde, je me trouve de bonnes excuses : « Je ne peux pas abandonner mon travail pour m’engager bénévolement, j’ai une famille qui a besoin de moi, …».

Probablement, tout le monde n’a pas l’étoffe pour agir et je n’aurai sûrement jamais le courage de franchir le cap. Je resterai dans mon quotidien privilégié, totalement paralysée par le modèle de vie qui est ancré dans la grande majorité d’entre nous : ne pas prendre de risque, gagner sa vie, avoir une jolie famille, être bien entouré et surtout suivre la route tracée devant,… Je continuerai d’admirer de loin ceux qui osent se lancer dans des causes qui leur tiennent à cœur, ceux qui agissent, ceux qui se révoltent et brisent les codes pour venir en aide aux autres.

Pourtant, lorsque j’entends les gens exprimer la peur des migrants, la crainte de se faire « envahir », l’angoisse de ces vagues de malheureux qui viennent s’échouer sur les plages européennes, je me dis qu’à mon petit niveau, je peux au moins plaider leur cause. Peut-être que si nous ne laissons pas passer ces phrases toutes faites qu’on étend, répétées sans réfléchir et motivées uniquement par la peur de l’autre, peut-être que si nous prenons le temps d’essayer d’expliquer la détresse qui peut pousser quelqu’un à quitter son pays pour aller vers l’inconnu, peut-être que nous pouvons apporter un peu de soutien et faire évoluer lentement mais sûrement les mentalités. Tous autant que nous sommes, parce que je suis convaincue que nous sommes un certain nombre à se dire qu’on ne peut pas laisser mourir des gens à nos frontières en détournant le regard, nous leur devons au moins ça, à eux qui prennent le risque de sombrer dans la Méditerranée pour chercher un peu d’espoir !

Alors oui, je ne me sens pas capable de tout quitter pour aller vraiment apporter mon aide aux migrants, mais je refuse de me dédouaner, je refuse de regarder ailleurs et de dire que cela ne me concerne pas. À nous de prendre nos responsabilités, et bien à l’abri dans nos belles maisons, nous pouvons au moins prendre la défense des migrants face à des propos de rejet et soutenir ceux qui agissent en aidant financièrement les associations comme SOS Méditerranée

Prés de deux après cette vision de l’Aquarius dans le Port de Marseille, s’il n’est pas reparti en mer, l’Océan Viking a pris le relais et l’Italie a ouvert à plusieurs ses ports aux personnes secourues. Un peu d’espoir dans un monde si dur !

Alors, continuons, chacun à notre mesure, à signer des pétitions, à donner de l’argent aux associations de solidarité, à s’expliquer à ceux qui se sentent menacer par la différence que notre monde n’est pas noir ou blanc mais multicolore !!

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Pour toucher du doigt le calvaire des migrants, leur angoisse et leur combat pour survivre

Entre deux mondes, de Olivier NOREK

Préparez vous, c’est un livre difficile car il nous renvoie à la dure réalité, il nous met sous le nez ce que nous mettons tant de ferveur à ne pas regarder. Mais c’est aussi un livre fantastique par son humanité !

Mur Méditerranée, de Louis-Philippe DALEMBERT

Trois femmes, devenues migrantes pour des raisons et dans des conditions différentes, plus ou moins riches, plus ou moins acculées à partir. Ce récit nous montre que les migrants sont comme vous et moi, mais qu’ils ont eu la malchance de naitre et grandir dans un un pays en guerre, dans une dictature ou connaissant des famines régulières. Ce livre m’a moins ébranlée que celui d’Olivier NOREK ci-dessus, mais il nous aide à comprendre le cheminement de ces personnes qui fuient leur pays, souvent à contre cœur…

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Je suis, comme vous, une citoyenne du monde, c'est à dire une citoyenne parmi tant d'autres ! Je ne prétends pas détenir la vérité ni avoir un avis universel. Je souhaite partager avec vous mes pensées révoltées, inspirantes et quotidiennes, pour échanger, comprendre, évoluer, s'inspirer, grandir et si possible contribuer à un monde plus beau !

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